20 déc. 2010

Variations en noir et blanc...







Entre réalité et virtualité...

Où est la réalité dans une photographie?

Quelle véritable part du sujet reste-t-il? un regard? une attitude?

12 oct. 2010

Images de manif...



Une lettre en moins et nos problèmes se muent ...


en une lumière pour nous ramener inévitablement ...


vers des idées plus terre à terre.

Etirements...




Griffes ou dents, laisser traîner ses mains peut être dangereux !

Un cap... (texte)

Dans la vie, on a parfois besoin de changer de cap tout en naviguant sur le bateau qui nous a permis de rester à flots.
Il sortait de chez lui. Il était tôt mais ses mains étaient encore chaudes des caresses qu’il avait prodiguées à son chat avant de partir. Dans ses yeux, le chat avait deviné ses intentions. Il s’était saoulé de caresses jusqu’à ce qu’il ouvre la porte. Il était resté assis, le regard fixé sur l’homme aux cheveux bruns qui sortait de sa vie.
Le froid mordant du petit matin vint piquer son visage. Sa peau frémit. Un frisson parcouru son dos et lui fit refermer sa veste tout en maintenant son sac à dos sur une épaule.
Ses yeux clairs fixaient la route légèrement glacée par le givre, tandis que ses pas le menaient de bon train vers la première station de métro pour le guider vers une gare. La lune nimbait encore les murs de sa douce lumière opaline.
Il était décidé à prendre n’importe quel train, pourvu qu’il l’éloigne de cette triste et misérable vie dans laquelle il s’était laissé enfermé par amour, enchaîné à la tendresse d’une femme, avec qui il pensait partager sa vie jusqu’à ce jour où il se promenait dans ce parc près de chez eux.
Il les avait vus rire, parler, s’embrasser même. Elle lui caressait tendrement le visage tandis qu’il buvait ses paroles. Il se noyait dans ses yeux en souriant. Leurs sourires étaient une promesse de bonheur, de complicité qu’il ne connaissait plus. Ils n’étaient pas tout jeunes pourtant mais ils rayonnaient tout simplement.
Il avait fermé les yeux pour rechercher ces moments qu’il avait vécus avec la femme dont il partageait la vie. Comme ils étaient loin ! Comme ces émois passionnés étaient loin ! Qui était-il devenu ? Qu’en était-il de ses rêves, de ses attentes ?
Il les avait mis de côté pour lui plaire, il s’était effacé car il l’aimait, il avait aimé ses projets, ses passions, et même s’il se sentait un peu frustré de ne pas pouvoir exprimer ses propres passions comme il l’aurait souhaité, il avait accepté sa vie, leur vie. Tout s’était mis en place doucement, mais sûrement, presque mécaniquement.
Mais voilà, aujourd’hui, il refusait de se perdre totalement en elle, il regretterait certainement bien des aspects de cette aventure mais il y gagnerait aussi à se retrouver, à reprendre sa propre aventure, là où elle s’était effritée, empoussiérée par les habitudes du temps. Il devait ouvrir à nouveau les yeux sans le sable qu’elle y avait déposé et qu’il avait bien voulu garder.
Partir était sa solution. S’éloigner. Peut-être serait-il capable de revenir un jour, plus fort de s’être retrouvé et d’enfin vivre tel qu’il le désirait. Partir était sa condition de survie, partir pour redécouvrir le monde, se redécouvrir, non pas avec de nouveaux yeux, mais avec ses yeux, ceux qui étaient restés fermés depuis trop longtemps. Partir loin. Prendre un train, un bateau peut-être, trouver la route qui lui permettrait de retrouver son chemin de vie.
Le chat l’avait compris. Il l’avait laissé partir même si dans ses yeux il lui implorait de rester. Mais c’était le sacrifice qu’il avait accepté de faire pour se retrouver.
Claudine Mistral-Bories, janvier 2010

LA RONDE (texte)

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"" LA RONDE ""
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L'enfant marchait au fil des rues, il regardait toutes ces lumières qui s'allumaient. Les unes étaient jaunes, d'autres blanches, des néons ça et là rougissaient ou bleuissaient un coin de nuit, une porte. Et les numéros des maisons, au-dessus des portes défilaient inlassablement. La nuit, de plus en plus noire, enveloppait ces lumières, rendait sa promenade plus monotone.
Soudain, à la lumière, comme un peu plus éblouissante, d'un réverbère, Antoine aperçut une grande porte en bois, à deux battants et finement sculptée. Une force irrésistible le poussait à la regarder, à aller vers elle, à la toucher. Doucement sa main se posa sur la poignée. Une sensation étrange le fit tressaillir. La poignée est chaude, se dit-il étonné. Son désir de curiosité toujours grandissant, n'ayant étrangement pas peur, sentant même une douce chaleur l'envahir, Antoine ouvrit la porte et entra.
Il se retrouva dans un couloir, au fond duquel s'échappait un léger rayonnement de lumière. Plus il approchait, plus la lumière éclatait de vigueur, de force, plus la chaleur l'enveloppait. Il n'éprouvait plus ici cette sensation de solitude, de froid qu'il ressentait tout à l'heure dans les rues.
Il arriva dans une petite cour, où toute la gaieté de la vie semblait s'échapper. Il y avait des tables, de la nourriture y était déposée, en quantité inimaginable. Il y avait des gens, des hommes, des femmes, des enfants, dansants joyeusement en ronde, habillés de vêtements simples mais si beaux, si colorés pour les yeux tristes d'Antoine. Il semblait que la folie régnait en ce lieu. Antoine, son silence, ses vêtements gris, son immobilité contrastaient nettement dans ces décors.
C'est alors qu'il sentit cette violente brûlure à la main. En effet, une jeune fille la lui avait prise. Antoine se sentit transformé, transporté dans un autre monde. Comme par magie, ses vêtements changeaient de couleurs : du jaune, du rouge, du vert, ... repeignaient ses habits. Il n'avait plus froid. Mais le plus étonnant, ce qui l'effraya d'abord un peu, c'est qu'en rentrant dans la ronde, petit à petit, il entendit, enfin, des bruits, puis des sons, des voix. Il semblait se réveiller, sortir du silence pesant dans lequel il se noyait depuis des années. Et il se mit à chanter avec ces gens, son plaisir, sa joie augmentant de plus en plus en entendant sa voix, sa propre voix, chaude et douce qu'il ne connaissait plus. Enfin, il était heureux.
Quand Antoine se réveilla, son visage était mouillé par des larmes, mais ces larmes, ce matin, n'étaient plus de tristesse, elles étaient de joie : il entendait le chant d'un oiseau par la fenêtre ouverte. Il aima ce chant, il l'aimera toujours ; il était heureux d'entendre palpiter son cœur en regardant le soleil ; Il était heureux que sa mère l'ait emmené dans cette clinique pour qu'un grand docteur l'opère et essaye de lui rendre son ouïe. Enfin, il aimait la vie.
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1991 Claudine Mistral.
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« La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute » Pierre Desproges. (texte)

« La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute » Pierre Desproges.

Sur un petit rectangle de papier blanc, elle recopie une recette de cake salé lue dans l'un de ces magazines qui sont mis à disposition dans les salles d’attente médicales. C’est certain, elle va régaler ses amis. Après son rendez-vous, elle s’arrête à la superette du quartier, sort sa liste de course et rayonne à travers les allées perpendiculaires du magasin, tel un mini New-York, à la recherche des différents ingrédients ; Elle ne trouve pas d’olives noires ! Que cela ne tienne, elle attrape un sachet d’olives vertes. Ensuite, elle ne trouve pas de petit salé ; Ce magasin est vraiment vide ! alors elle le remplace par du jambon. Elle termine ses achats et se retrouve dans la rue avec ses deux sacs bien remplis, car bien sûr, elle ne s’en est pas tenu à sa liste ! sait-on jamais…
Elle arrive devant sa porte, dépose un instant ses sacs pour faire le code d’entrée et s’arrête devant l’ascenseur du hall. « EN PANNE » Oh, là, là, quatre étages à pied avec toutes ces courses ! Un, deux, trois étages. Elle croise la voisine du cinquième qui descend promener son petit chien, enfin son « microbe », ces petits chiens, hargneux et ridicules ne l’attirent vraiment pas. Elle, si elle n’habitait pas ce petit appartement, elle aurait un gros chien, un de ceux qui ont besoin de courir, qui ne peut pas se cacher sous le canapé et qui vous écrase les jambes de chaleur lorsqu’il partage le canapé avec vous. Quatrième étage, enfin. Sortir les clefs, au fond du sac bien sûr, perdues au milieu de son indispensable fouillis. Les deux serrures sont vite ouvertes : elle entre, quelle chaleur ! Vite, ouvrir les deux fenêtres du salon, se servir un grand verre d’eau fraîche avec un peu de jus de pamplemousse. Hum…Quel délice. Encore un… Mais le temps ne peut se suspendre indéfiniment, la voilà en cuisine se lavant les mains, passant prestement un tablier rouge, sortant ustensiles et ingrédients. La cuisine est vite envahie de plats La recette est modifiée sans scrupule, agrémentée d’un peu de piment d’Espelette, et elle envoie le tout au four qui préchauffait.
Tel un coup de vent, elle transforme le salon. Le canapé et la table sont déplacés, la terrasse aménagée avec des bougies dans les pots de fleurs, une jolie nappe aux couleurs printanière, des verres colorés pour l’apéritif et quelques amuse-gueules. Elle attend six personnes. Elle pourra toutes les asseoir dehors puis les installer dedans pour le repas, même s’ils seront quelque peu à l’étroits. Elle n’est pas mécontente de cet appartement, même si ce n’est pas ce qu’elle envisageait lors de ses recherches. Petit certes, mais avec une terrasse spacieuse où elle peut, en plus de la table, mettre un transat pour profiter du soleil et quelques pots de fleurs. Un peu de nature en ville, avec même de temps à autre des visiteurs ailés.
La sonnerie retentit alors qu’elle pose ses couverts et assiettes sur sa table nappée de rouge basque. Déjà sa sœur et son ami rentrent avec les mains chargées de fleurs pour lui, de gâteaux pour elle. Une tarte qui fleure bon la poire et le chocolat et une charlotte aux framboises faites maison. Bises. Elle les installe sur le canapé, leur glisse un verre d’eau dans la main, pose la carafe sur la table, continue de s’affairer quelques minutes avant de sursauter à un nouveau coup de sonnerie énergique. Qui est-ce cette fois ? Son ami d’enfance Mathias ou sa collègue Pauline ? Emilie, sa sœur ouvre la porte et s’efface pour laisser entrer un grand homme brun suivi par un autre plus petit aux cheveux corbeau. Mathias présente Lucas à Emilie et Fred et chacun s’embrasse simplement mais chaleureusement. Bon, le copain n’était pas prévu, mais elle fera avec ! Lucas pose sur la table un énorme saladier recouvert d’un torchon et s’approche en douceur comme pour se faire pardonner cette intrusion imprévue, pour lui glisser à l’oreille « paëlla faite maison » Le temps semble se suspendre à nouveau quand ses mains soulèvent le tissu et que ses papilles s’ennivrent des odeurs de la mer, du riz safrané et de l’Espagne. Déjà Mathias lui vole le saladier pour le mener en cuisine la laissant un instant pensive, les yeux ailleurs, au fond de la mer bleue, suivant les couleurs chatoyantes de poissons et des rayons du soleil…
La main de Lucas sur son épaule la tire des eaux de ses souvenirs, tandis que la sonnerie s’égosille à nouveau. Est-ce Pauline cette fois ? Pourvu qu’elle n’ait pas oublié le vin ! Elle ouvre la porte pour voir apparaître cette fois trois sourires et paires d’yeux pétillants comme un petit feu d’artifice. Huit, les voilà huit ! sur quoi va-t-elle les asseoir ? Derrière les trois filles apparaît soudain le visage de son voisin de palier. Elle n’hésite pas. Vous avez quelque chose de prévu pour ce soir ? non. Vous n’auriez pas trois chaises ou tabourets ? oui. Et bien, on vous attend.
Les filles entrent, bientôt suivi par le voisin. L’appartement a soudain rétréci, mais s’est paré de rires et de voix, de bruits de verres, d’assiettes, de chaises. Chacun trouve sa place, celle qui n’était pas prévue mais qui se présente maintenant dans ce tourbillon de bonne humeur et de détente, éclaboussée par le flash d’une photo souvenir qui se retrouvera un jour prochain sur un petit rectangle de papier blanc.
30 août 2009

11 oct. 2010

Alphabet 2 (texte)

Alphabet 2
Dans le vaste Abri de mes pensées, cognent les Bruits du blanc silence. Le Carnaval palpite de couleurs, respire de splendeurs et chaque inconnu joue le bonheur avec Doigté, dans l’harmonie délicieuse du soir. Effilées sont les noueuses mains du Futur. Grave est l’Histoire terrible du monde. L’Image scintille dans mes yeux, verts comme le printemps, tandis qu’une Joie intense s’étale sur ma peau, tels des pétales de roses rouges. Tout près d’une corbeille de rotin, le Jus fluide d’un Kiwi coule doucement, comme chaque lettre d’un Livre glisse délicatement sur ma langue. L’éclatante Musique des mots se fait soudain plus rapide, plus cuivrée, plus Navale et Onirique. Derrière le trouble Paravent de leur signification, leur savoir enfle à chaque pulsation. Le superbe jardin de la connaissance, s’ouvre sur la véritable Qualité, comme les fleurs d’une Roseraie se tournent immanquablement vers le char d’Apollon. Sauvages de Transparence, mes idées s’entrechoquent avec les mots et le silence se peuple de délirants murmures. Les Urgences de mon esprit éclaboussent de douleurs la Ville en fête. Même le Whist ne pourra m’extraire de la Xénophobie qui m’assaille. Seule, peut-être, une Yole fleurie, au gré des courants m’emportera, moi, le Zonard de la littérature.
Le 10 avril 1994

8 oct. 2010

Quelques nouvelles... (texte)

« D’accord. T’es dans le coup.»
Enfin, il avait réussi. Il s’était introduit dans leur groupe au prix d’énormes sacrifices, mais cela en valait la peine.
Il y avait Jo, grand, brun, économe dans ses paroles et très méticuleux.
Il y avait aussi Miranda, brune, avec une peau laiteuse et des yeux en forme d’amande, une voix chaude et envoutante.
Il y avait encore Emmett, chaleureux, le regard bienveillant mais parfois absent, avec de longs doigts bien manucurés.
Et lui, il y avait lui, aussi, maintenant. Petit, insignifiant mais présent, tenant fébrilement dans sa main son harmonica.
Il regarda Jo prendre doucement son violon, Emmett s’assoir en calant tranquillement sa guitare sur ses genoux, Miranda attraper le micro presque sensuellement.
Il passa une main dans ses cheveux pour se donner du courage et évacuer sa fébrilité, puis approcha l’instrument de sa bouche.
Et ce fut la magie des sons s’entremêlant, des vibrations des cordes, de la voix et de son souffle, chacun s’accordant à l’autre pour le transporter là où il rêvait d’aller depuis toujours, le monde de l’harmonie.


J’écoute le silence. Silence pesant.
J’écoute le silence. Silence, absence.
J’écoute le silence.
Toutefois, je perçois ma respiration. Je sens cet air qui gonfle mes poumons, cet air qui irrigue mes organes jusqu’à mes oreilles qui écoutent le silence.
Je perçois une lumière. Est-ce la lune, une étoile ? La lumière diffuse, s’étale sur le silence qui m’enveloppe, m’étreint comme un amant qui aurait peur de perdre l’objet aimé.
Mais toujours j’écoute le silence. Silence vide de paroles. Silence vide de bruits. Silence vide de vie.
Pourtant je perçois ma respiration mais aussi cette lumière. Oui, j’écoute le silence, mais il suffirait de l’attraper, de le serrer, de le broyer pour que renaissent, peut-être, les bruits, les sons, les paroles, la vie.
En serai-je capable ?


Tu t’es approché à deux pas de moi. Tu ne m’as pas touché, tu m’as seulement parlé. Tu m’as parlé et tu m’as écouté. Nos yeux se sont croisés, nos paroles se sont enlacées et la conversation a commencé.
Tu t’es approché à deux pas de moi et le passé s’est recréé. Tes mots ont soulevé de lointains souvenirs, mes mots ont révélés de probables avenirs. Doucement.
Tu t’es approché à deux pas de moi mais jamais nos doigts ne se sont effleurés. Nos mains ont plutôt créé de vives paroles gestuelles, alimentant le verbe de nos lèvres.
Tu t’es approché à deux pas de moi et voilà que notre amitié si longtemps mise entre parenthèses a ressurgi de notre passé pour nous révéler l’un à l’autre, personnage oublié que le temps avait éloigné.
Tu t’es approché à deux pas de moi et j’ai aimé retrouver en mon cœur cette complicité égarée, cette harmonie enfin dépoussiérée du temps qui nous avait séparés.
Tu t’es approché à deux pas de moi. Une part de moi renait. Enfin.


Il y a là-bas quelqu’un qui parle tout seul.
Il est assis sur un banc sous les arbres qui bruissent timidement. Il se penche doucement sur le sol et ramasse une poignée de sable. Il referme délicatement son poing et le ramène vers lui en le levant légèrement. Peu à peu, il le desserre, le sable glisse entre ses longs doigts ridés comme les paroles glissent entre ses lèvres. Le soleil fond sur lui, l’éblouit. Il ferme les yeux, mais laisse couler le sable comme le vent soulève ses cheveux. Les feuilles se soulèvent et s’envolent emmenant avec elles ses paroles vers le ciel. Je tourne la tête pour les suivre un instant. Quand je regarde à nouveau vers le banc, il a disparu.
Il y avait là-bas quelqu’un qui parlait tout seul.


Ainsi parle l’inscription en lettres bizarres sur le sac.
Des lettres, des chiffres, des signes, des codes. Bizarres.
Beth ne comprend vraiment pas ce qui se passe. Devient-elle folle ?
Le sac semble ouvrir ce qui pourrait être un œil et se remet à lui parler.
« Ne soyez pas stupide, regardez-moi ! »
Elle ferme vivement les yeux, se bouche les oreilles, pince ses lèvres, se murmure une prière avant de faire face de nouveau.
Maintenant, le sac s’est gonflé et flotte au niveau de son visage. Il y a trois fentes, dont l’une semble lui faire un clin d’œil.
« Allez, attrapez-moi, ne me lâchez plus et ramenez-moi chez vous à l’abri ! S’il vous plaît… »
Elle est maintenant ahurie, absolument stupéfaite que ce vulgaire sac en plastique la prie ainsi.
Elle qui n’utilise que des sacs en papier, tout simple, sans inscription aucune, reste muette de d’être fait aborder ainsi par un tel sac et lui répond du tac au tac.
« Et puis quoi encore, il faudrait que je vous repasse, vous plie et vous range dans mon placard ! Ce que j’ai vraiment envie de faire, c’est de vous ouvrir bien grande ma poubelle ! Alors passez votre chemin et allez voir ailleurs. »
Elle tourne le dos et s’éloigne d’un pas décidé vers des aventures moins plastifiées.


Cesse de parler comme un homme qui rêve. Rêve plutôt comme un homme qui parle. Agit.
Bouge. Déplace les montagnes. Avance. Regarde la mer et nage au-delà de l’horizon.
Monte sur les bateaux que tu croises et visite-les. Découvre-les. Explore-les. Essaye-les.
Choisis celui qui saura t’accueillir, te chérir, te guérir peut-être.
Parle au monde, au ciel, à la terre, à tous ceux dont tu ne faisais que rêver.
Aborde-les, accoste-les pour grandir, pour mûrir, pour vivre.


« Parfois, tu ressembles à une vache ! »
C’était dit ! Elle ne supporte plus de le voir mastiquer ses chewing-gums à tout moment de la journée si bruyamment. Elle est furieuse, les lèvres pincées, les sourcils froncés. Il le voit bien dans le rétroviseur intérieur. Elle se gare, coupe le moteur, sort de la voiture, ouvre brutalement le coffre et en extrait un gros sac.
« Viens ici, je voudrais vérifier une chose. »
Après avoir fouillé au milieu de divers objets entassés dans le sac, elle sort un mètre ruban bleu.
« Approche ! Tourne-toi ! Lève les bras maintenant ! Plus haut ! Mais reste bien droit ! »
Elle se tait, enfin, se calme, le regarde droit dans ses yeux noisette.
« C’est décidé, pour le prochain Carnaval, je ne vais pas te faire le costume de Spiderman, je vais opter pour une belle vache blanche avec de grosses taches noires et surtout je n’oublierai pas de te coudre deux belles poches pour que tu y glisses le contenu de deux ou trois boîtes de tes précieux chewing-gums. Comme ça, je pense que tu feras fureur ! » dit-elle, souriant enfin, les yeux pétillants maintenant d’une malicieuse joie.
Il la regarde, sourit d’abord avec ses yeux et se met franchement à rire.
« D’accord maman, lui dit-il en lui prenant la main, puis il murmura, je t’aime ma petite maman. »


Envol
Des bandes d’oiseaux passent très haut dans le ciel.
Et moi, je suis ici au raz du sol, scotchée par les événements.
J’aimerai être aussi légère que ces oiseaux, pouvoir me libérer de mes soucis, m’envoler avec eux et découvrir d’autres ailleurs que mes ailleurs intérieurs, peints de solitude, de regrets et de tristesse.
Je voudrais décoller, me sentir portée par les courants des masses d’air, monter, descendre puis me poser pour explorer un nouveau lieu, rencontrer d’autres yeux.
Je regarde ces oiseaux et je me demande comment prendre mon envol sans me blesser, pour laisser derrière moi le chagrin, l’amertume, la trahison.
Je voudrai ouvrir les yeux sur un ciel bleu, sur de nouveaux paysages mais aussi re-connaître ceux qui me sont familiers pour à nouveau pouvoir y vivre, sans fuir, une nouvelle liberté.


Août 2009

Peau, poésies... (texte)

Peau parfumée, métissée
Effleurée, caressée
Ambrée, perlée de rosée
Unique, parsemée de grains de beauté.

Parfum
effErvescent
satiné pArchemin
d’un corps apparU

Longs doigts argentés, déposés délicatement sur les traits galbés d’un corps lové sur un canapé. Longs doigts caressants doucement les palpitations de ce corps mouvant. Longs doigts frémissants, parfumant voluptueusement la peau de ce corps émouvant. Longs doigts pénétrants les pores suintants, chaleur étouffante, de ce corps excitant. Longs doigts possédés par cette peau ouatée, aux secrets dévoilés, par ce corps tant convoité.
2000

Des mots... (texte)

In - différence.
Immense murmure, bétonné, gris.
Vision restreinte, décevante.
Sur soi-même, éternel repli.
Toujours des paroles accablantes.

Indifférence,
Mes aspirations amicales, tu les brimes,
Tu les étouffes, tu les comprimes.
Foule multicolore, bigarrée et pressée.
Voyage dans la pure introspection.
Visages pâles, mais surtout fermés.
Terrible absence de chaudes relations.

Indifférence,
Pernicieuse maladie, comme un²
Tu m'oppresses, tu m'ennuies, tu m'attristes.

Pas d'humour. Peur du ridicule. Aucun sourire.
Paroles, voix ? A peine sont-elles murmurées ...
Seules des odeurs, parfois agréables, mais pas de rires.
Seulement des corps qui ne chavirent jamais.
Le 13 avril 1994.
Verbes
Dire, exprimer, chanter, écrire, murmurer ...
Dire les mots, les phrases et même un long texte
Définir ces mots, les colorier à son gré.
Exprimer une idée, l'interpréter,
S'aventurer dans la complexité philosophique.
Chanter la vie, les enfants, la peine,
Crescendo, pizzicato ou a capela, qu'importe !
Ecrire l'amour, la défaite ou la gloire,
Dessiner sur une feuille blanche ses émotions pures.
Murmurer doucement, simplement un poème,
Ou des mots tendres à son amant, à son enfant.
1994

30 sept. 2010

Terre ou mer ?


A vous de voir...

Espérance (texte)

Espérance
Soudaine réminiscence d’une fragrance, alliances d’odeurs capiteuses qui me projettent en partance dans une transe sans aucune méfiance, dans une danse envoûtante et pleine de virulence.
L’opulence des épices de musc et de vanille m’entraîne vers une enivrante démence rêveuse, dans une tendre mouvance voyageuse, un doux sommeil où mon esprit balance entre la quintessence et la voyance, où mon âme avance vers une nouvelle espérance, où mon corps en carence de caresses n’admet plus la décence.
Toute la pertinence de mes sens est noyée par l’attirance de ses yeux marins, par la douceur de ses baisers salins, par la transparence de ses gestes sans fin, par la connivence de nos sentiments communs.
Janvier 2010

Mistral sur la mer Méditerranée...


Plonger ses yeux dans les bleus de la mer et en savourer son odeur iodée, sa saveur salée, sa fraîcheur marine... Se ressourcer en écoutant le bruit du ressac, les déferlantes des vagues sur les rochers, se laisser envahir par son murmure jusqu'au plus profond de son être pour se régénérer et prendre de sa force et continuer à aller de l'avant comme chacune de ses vagues, même si chacune d'elle vient s'échouer sur la grève et mourir l'une après l'autre...







Mistral... pousse, tire, emporte chacune de ces voiles vers le large et décore ce gris bleuté strié de blanc écumeux...

22 sept. 2010

La toile (texte)



La toile
Un rayon lumineux s’infiltre péniblement dans la pièce plongée dans la pénombre. Il s’étale sur les tomettes rouge clair comme la traînée d’une étoile filante. Sa clarté inonde le petit atelier où bien des choses se fondent sous une épaisse couche de poussière.
Peu à peu ce rayon se déploie et se couche sur le sol tandis qu’un à un les objets s’éveillent à cette nouvelle journée. Une petite table dévoile un pied, une toile blanche sur laquelle sont posés des pinceaux secs et jaunis, des tubes de Cyan, Magenta, Jaune Primaire dont la peinture fossilisée coule vers une photographie. Puis ce sont des toiles, des étagères où sont rangées des tubes, des spatules, des brosses, quelques fusains qui s’exposent à la lumière, comme le grand chevalet près de la petite table sur lequel repose une toile d’une blancheur éclatante mais troublée en son coin droit par une tache.
La lumière du soleil était si claire ce matin là que Philippe eut enfin le courage de monter dans son atelier. Sa volonté s’était affermie depuis quelques jours déjà, il avait maintenant besoin de l’exploiter sur une toile.
Depuis deux mois, son inspiration s’était tarie. Il se souvenait juste qu’il avait commencé deux mois avant une nouvelle toile avec du Jaune Primaire. Il n’avait fait qu’une petite tache, avec la brosse numéro dix qu’il affectionnait particulièrement, lorsqu’il voulait éclairer ses toiles. Il débutait toujours une toile ainsi, ses compositions étaient baptisées par une touche de jaune allongée en une ligne ou ratatinée en une douce et simple tache, cela variait selon ses intentions. La tache s’étendait alors sur la toile ou bien disparaissait totalement. Mais quelle importance ! Quel que soit le résultat de son travail, l’essentiel était que chaque toile soit d’abord défrichée par ce frêle jaune, que les ronces blanche de la surface soient démêlées afin que sa peur se confonde dans chaque création.
Mais il y a deux mois la peur est restée. Elle s’est incrustée subitement dans la toile, dans cette pièce et jusque dans les chairs du peintre. Elle s’est propagée rapidement, imprimant sa trace dans chaque cellule de son cœur, inscrivant ses caractéristiques ténébreuses et troublantes, lorsque sa femme Emilie, est venue lui apprendre la terrible nouvelle.
Ses jambes ne l’ont alors soutenu que le temps d’atteindre la chaise du couloir tandis qu’Emilie refermait doucement la porte. Tout l’atelier était ainsi entré dans un état de somnolence, de laisser aller, pris d’assaut par le doute et l’inconsistance.
Philippe est seul aujourd’hui dans la maison, le calme qu’il y règne contraste étrangement avec la fureur de ses idées. Depuis ces derniers jours, elles s’épanouissent, se jouent en harmonie sur la portée de son cerveau, l’occupent, le déconcentrent par leur hardiesse lors de ses lectures ou de ses entretiens. Elles rebondissent, hurlent même. Lentement, il se dirige vers la porte, tourne la poignée de cuivre froid et reste un instant saisit par l’éblouissante luminosité en entrant. Après avoir intériorisé la beauté de cet éclat, il se dirige prudemment vers le chevalet. Comme un automate, ses mouvements s’activent alors sûrement. La couleur jaillit sur la palette en bois, les mélanges se multiplient, les harmonies s’organisent tandis que la toile s’invente une composition de tons, de nuances où les rouges et les verts dominent cependant. Les formes se dessinent peu à peu dans cette cacophonie indisciplinée, sur des fonds violent, presque repoussants.
Et le rayon de lumière noie toujours de sa charmante gaieté l’atelier, tournant autour du chevalet pour finir par se fixer sur la main de l’artiste. Mais il reste peu, s’enfuyant face aux tonalités de couleurs qui s’affichent de manière désinvolte sur la toile.
Une porte claque dans la maison ; Philippe range alors son matériel, abandonnant l’atelier à la douce pénombre de ce soir d’été. Quand il tire la porte, il se sent fatigué, vidé de son énergie, mais immensément soulagé, aussi léger qu’un colibri porté par les airs. Le poids de ses idées, de sa douleur s’est atténué au fur et à mesure que la journée s’évadait vers un autre espace emportant enfin avec elle la peine du peintre.
Lorsqu’il embrassa Emilie, il la serra contre sa poitrine comme il avait coutume de le faire chaque soir. Mais elle comprit sur ce soir n’était pas le même que tous ceux qu’ils avaient vécus depuis deux mois. Non qu’il lui ait parlé, qu’il l’ait plus serrée, rien n’indiquait son activité dans les expressions de son visage, dans le gris de ses yeux ou dans le contact de ses mains. Il y avait juste une tache rouge sur le bas gauche de son pull-over.
1995


21 sept. 2010

Autoportraits en Arles


Le regard attire l'autre et l'autre attire des regards...

(Ce n'est pas un montage, mais un réel autoportrait reflétant mon état d'esprit...)

Qui regarde qui ?

L'AUTRE JARDIN (texte)

L'AUTRE JARDIN
La salle était inondée par le nuage des fumeurs, troué par la lumière diffuse des bougies. Le conteur se tenait debout sur une estrade. Deux bougies éclairaient son visage fin. Ses cheveux noirs étincelaient à la lueur tremblante des souffles d'une multitude d'yeux. Il racontait :
***
Un oiseau s'envola pour se perdre dans l'immensité du ciel.
Elle traversait lentement son jardin comme tous les soirs, posant doucement ses pieds dans l'herbe maigre, jaune, comme pour ne pas réveiller le microcosme qui y régnait. L'air froid lui piquait le visage. Elle se demandait comment elle pouvait vivre ici. Pourquoi y vivait-elle encore, d'ailleurs ?
Les mains derrière le dos, elle marchait au milieu de quelques buissons dont elle n'apercevait ni les feuilles ni les fleurs, quasiment inexistantes. Ses yeux ne s'habituaient toujours pas à la pénombre du jardin. Même la lune semblait ne pas connaître cet endroit, ou l'ignorait-elle ?
Elle savait, néanmoins où se trouvaient les murs de son jardin, de hauts murs, aux pierres rongées par la mousse. Ils ne laissaient presque rien entrevoir des jardins avoisinants, rien sinon l'inconnu. De part et d'autre, ils s'élevaient sur une hauteur, démesurée à ses yeux. Du vieux lierre, aux tons vert foncé, en recouvrait un pan. Débordant d'un autre jardin, quelques fleurs d'un bougainvillier, d'un vif rouge violacé, essayaient vainement de s'introduire dans ce jardin terne et lugubre.
Tout à coup, elle entend, venant de l'autre côté d'un mur, un étrange bruissement. Attentive, elle écoute, afin de déterminer la provenance de cette sensation. Elle se dirige alors, dans un frémissement de tout son corps, vers ce bruit qui vient d'ailleurs, de loin, elle le sait, elle le sent au plus profond de sa chair. Elle marche doucement pour ne pas perdre la trace de ce nouveau son, tout en s'orientant vers le lierre qui cache les pierres du mur. Elle en est sûre, le murmure vient de ce côté. Tâtonnant les feuilles, elle découvre un trou large comme une main. Elle tire sur quelques pierres, en les laissant glisser sur le sol.
Alors elle s'accoude, curieuse, sur le rebord du trou pour regarder en voyeuse, les trésors inconnus de cet autre jardin.
Dans la pénombre de la nuit, une douce lumière, provenant d'un point mystérieux, dessine les contours d'une silhouette. Rien ne bouge. Et elle regarde, elle regarde avec fascination ce tableau inexploré de la nature, neuf et ignoré jusqu'à présent. Elle regarde comme hypnotisée par une puissance divine, envoûtant tout son corps. Tout se noircit, s'obscurcit autour d'elle, comme si son jardin avait revêtu le deuil.
Mais dans l'autre, la douce lumière s'épanouit. Elle se répand, elle mouille tout ce qu'elle atteint de ses gouttes multicolores. Elle inonde de brillance toute une nouvelle nature, une nature inconnue pour ses yeux. Peu à peu, des fleurs aux couleurs éclatantes, éblouissantes dans la nuit se peignent à son regard. Les formes les plus extravagantes se composent sous les pinceaux des rayons lumineux. Une symphonie se réveille devant les yeux fatigués de la jeune femme.
***
Le conteur reprit son souffle pour porter la note de son histoire jusqu'à la fin. Tous les yeux s'ouvrirent pour voir...
Le visage du conteur, à la lumière des bougies, soleils voilés dégageant néanmoins une douce tiédeur, s'épanouissait au fil de sa narration. Sa bouche s'ouvrait telle la fleur rouge du pétunia, ses yeux pervenche aimantaient l'attention de l'auditoire.
La chaleur et la joie du conteur à raconter, s'infiltraient dans chacun des spectateurs assis sur des chaises en rotin ou allongés à même le sol sur de vastes couvertures. Un agréable engourdissement de leur corps, un léger envoûtement de leur esprit s'emparaient d'eux pour les transporter dans un rêve lointain ...
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Ses yeux s'agrandissent d'étonnement face au somptueux tableau que Dame Nature lui offre.
C'est une palette de rouge coquelicot, de "rosiers des chiens" sur un côté, c'est une note aiguë de jaune par là-bas. Voilà un "œillet des Chartreux" qui éclot, et tout ce bleu des véroniques qui s'étale comme une vague déchaînée et parsemée d'écumes de linaigrette, aux ombelles d'un blanc cotonné, immaculé. Les jonquilles et les jacinthes des bois sonnent leurs carillons de couleurs, tandis que les narcisses des poètes diffusent leur odorant poème. Et puis ce sont encore des tapis de violettes émaillés de boutons d'or, de marguerites des prés. Ce sont des entrelacements de tiges, de bouquets, des enchevêtrements de roses sauvages, des écharpes de clématites enroulant les arbres ... C'est une folle farandole de fleurs, un folklore d'arôme, une partition de couleurs qui enivrent sa narine.
C'est un chant, une musique divine à ses yeux, pour son cœur, qui entraîne un trouble indescriptible en son âme.
Malgré son émoi, malgré la peur de l'inconnu qui lui noue la gorge, elle désire véritablement entrer dans la danse, partager les odeurs de cette partition, pour se noyer dans les parfums suaves et sucrés de cette éclatante symphonie.
Elle veut devenir aussi vivante que cette nature, heureuse esclave de cette lumière. Elle écarquille ses yeux. Elle sait que si elle les ferme, son rêve s'évanouira. Elle prend conscience que la magie cessera, qu'elle retombera dans sa vie froide et sombre, dans une solitude toujours plus monotone, fermée sur l'avenir.
Alors que depuis qu'elle admire l'autre jardin, la chaleur l'envahit, prend son corps comme si un homme la prenait, la possédait. Elle se sent vivre. Elle se sent aimé comme s'il devenait son amant. Elle réalise que ce n'est plus un rêve. Des sensations étranges l'entraînent, absorbe son énergie. D'autres encore lui confèrent la force, la gaieté de la vie.
Ce n'est plus une simple attirance, elle veut entrer, elle en est certaine. Elle veut oublier.
Elle souhaite renaître dans ce paradis, sentir les feuilles caresser sa peau, la toucher, la brûler de leurs baisers. Elle désire naviguer au milieu de ce brasier de couleurs, cette explosion de joie. Elle veut s'enfuir. Oublier.
Alors, comme sous l'impulsion de la folie, la jeune femme agrandit le trou, elle déchire le mur avec ses ongles, avec la force décuplée par le désir de liberté. Quand le trou est assez grand pour laisser s'infiltrer son petit corps frêle, elle glisse dans l'autre jardin, telle une cascade.
Apaisée, elle se couche un instant sur un matelas d'herbe fraîche.
Mais son apaisement n'est pas complet. Elle se souvient du trou, et, comme si les minutes lui étaient comptées, elle replace les pierres, une à une, méticuleusement, afin de le boucher à jamais. Afin de dissimuler l'accès de l'autre jardin, pour plus vite oublier le froid et la solitude, pour que personne ne vienne la chercher.
Enfin ici, j'étais sauvée. J'avais réussi à changer d'univers, à découvrir la porte de l'avenir. Je pouvais commencer la quête de la silhouette que j'avais aperçu, chercher mon double, celui et ceux dont j'avais besoin pour découvrir et partager ce monde nouveau.
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Texte écrit par Claudine Mistral en mars 1993.
Nouvelle présentée au concours du C.R.O.U.S. d’Aix-Marseille en 1993.
Troisième prix régional.