4 avr. 2011

Ondes...

Ondes

Une douce brise soufflait dans ses cheveux tandis qu’il marchait le long de la berge. Il s’arrêta devant le muret qui séparait la route de la mer. Un fin banc de sable s’étalait au bas du mur, l’invitant à s’y assoir. Ce qu’il fit. Il ferma les yeux. Le léger clapotis de l’eau lui parvint aux oreilles sans pour autant masquer le ronflement des voitures qui passaient derrière lui. Il se concentra. Il entendit les poulies de quelques bateaux dont l’encre avait été jetée dans la petite baie, les paroles de quelques joggeurs, le sifflement d’un oiseau perché dans un arbre, mais le murmure de la mer était toujours là, bien présent, pour le préparer à en recevoir les fumets, ces odeurs acres d’algues et de sel concentrées qui s’unissaient dans ses narines pour envahir complètement ses poumons. Il avait l’impression d’être le point central d’un ensemble d’ondes auditives et olfactives l’attirant vers le clapotis de l’eau. Il ouvrit les yeux, se déchaussa et approcha la main de l’onde mouvante et fraîche. Les vaguelettes lui léchèrent les doigts, devenant vite entreprenantes pour lui happer jusque le poignet. Il ferma à nouveau les yeux pour se laisser complètement envahir par les bruits, par le souffle marin, la chaleur du soleil sur sa peau ainsi que la fraîcheur de l’eau, se laissant bercer par toutes ces ondes qui l’entraînaient vers le vaste et mouvant univers de la mer.

2 avril 2011

Jeux de langage

A l’âge où les enfants font des bruitages, un nuage s’accrocha au bastingage d’un navire. Il effectua son toilettage dans le faitage des voiles au son du verbiage des goélands. Il écouta le langage des hommes comme on entend celui des coquillages. Il pénétra les usages du pliage des cordes et l’éclairage des lanternes. Il assista au salage des poissons et au vernissage du ponton. Pour finir, il réunit son blanc corsage et prépara son alunissage.

3 avril 2011

Sur l’interminable chemin de la certitude, la pagaille totalement irresponsable eut la regrettable idée d’aller voir la liberté. Sur une table, elles eurent une véritable et implacable bataille sur les invraisemblables et rétrogradables éclairages de la philosophie jetable. Elles se séparèrent dans une totale incompréhension, désagréables et inflammables l’une envers l’autre.

3 avril 2011

Similitudes (texte)

Similitudes…
Je regarde cet homme reprendre son interminable va et vient.
Son visage est imperturbable, ses cheveux sont en bataille, ses lèvres sont pincées comme l’est une porte fermée à double tour.
Son cœur est-il ainsi, hermétique à la communication ?
Je compte ses pas vers la gauche, puis vers la droite, toujours le même nombre.
J’observe sa démarche, ses épaules avachies par la fatigue, ses yeux perdus vers on ne sait quel horizon, son menton baissé et résigné.
Que cherche-t-il. ?
Qu’attend-il ?
Je le regarde dans cet incessant déplacement d’un bout de la place à l’autre.
Je suis assise, seule, au milieu des chaises de ce café, les épaules fatiguées par les épreuves dans lesquelles la vie m’a menée, les yeux rivés sur la plage de mes souvenirs.
Mon cœur est-il hermétique à toute communication ?
Ma bouche est sèche d’avoir trop crié, mes yeux sont secs d’avoir trop pleuré.
Je suis aussi immobile sur ma chaise que cet homme est mobile sur ses jambes.
Suis-je aussi perdue que lui ?
2 avril 2011

Voile (texte)



Une voile
Au loin
Comme sur une toile
Dans un décor peint
Navigue sur les flots.
Une étoile
En vain
Comme sur une toile
Dans un décor peint
La poursuit in petto.
Une mouette
Dans le vent
Subit une vive tempête
Et ses violents courants
Au-dessus du bateau.
Une girouette
En fer blanc
Subit la même tempête
Et ses violents courants
Mais bien arrimée au bateau.


2 avril 2011

Bulles (texte)

Douces bulles
Telles des libellules
Aux ailes de spatules
Tellement ridicules
Se bousculent
Sur de petites ridules
Minuscules
Au rouge crépuscule
Comme des virgules
Telles des crapules
De petites bulles.
2 avril 2011

1 avr. 2011

Tendresse... (texte)

Pagaille de peluches
Puzzles, peluches, legos, tout un bric à brac de jouets jonchait le sol de la chambre de Jules.
Il barbotait au milieu de ses trésors déplaçant un robot, redressant un doux lapinou, cherchant la balle du chien de la caserne des pompiers.
Il se noyait presque dans cette marre d’objets hétéroclites et merveilleux lorsque sa mère apparut à la porte de sa chambre.
Elle attrapa le petit chenapan dans ses bras et l’embrassa de tendres baisers en essayant de ne pas penser à l’heure fatidique à laquelle elle devrait ranger cette montagne de jouets dans les diverses boîtes prévues à cet effet.
Elle profitait pour l’instant de la tiède chaleur de la peau de son fils en l’enserrant dans ses bras protecteurs et câlins pour un moment de pure tendresse partagée.
Jules la regarda de ses yeux bleu marine, d’abord surpris par ce sauvetage soudain, puis rassuré par les doux mots de la voix de sa mère.
Il se fondit dans ses bras pour profiter pleinement de cet instant de bonheur grâce auquel il pouvait humer le voluptueux parfum maternel.
1er avril 2011