16 oct. 2013

Ensemble (textes de poésie)



Ensemble

La maîtresse court après Arno et les ballons
Il s’arrête et déguste ses noisettes
Il partage avec la maîtresse, chouette !
Ensemble, ils partent faire un marathon.

La cuillère joue du saxo dans la maison
Elle est aussi légère qu’une bulle
Et s’en va faire une promenade avec une libellule
Ensemble, elles voyagent sur un savon.

Le tourbillon rose mange tous les bonbons
Il s’engouffre dans un long dédale
Tous le suivent jusqu’au bal
Alors la classe fleurit dans la musique, chantons.

Claudine Mistral, 14 octobre 2013, écrit en classe avec mes élèves à partir de cadavres exquis écrits ensemble







Ensemble

La maîtresse court dans le vent après un écureuil et ses ballons
Il s’arrête sur une branche et déguste ses noisettes
Il la regarde et finalement partage avec elle, chouette !
Ensemble, ils partent dans les arbres faire un marathon.

La cuillère joue délicieusement du saxo dans la maison
Elle est aussi légère et sucrée qu’une bulle
Et s’en va faire une promenade chantillesque avec une libellule
Ensemble, elles voyagent sur les mers allongées sur un savon.

Le tourbillon rose mange gloutonnement tous les bonbons
Il colle, il pègue mais s’engouffre dans un long dédale
Tous, curieux, le suivent jusqu’au bal
Alors la classe fleurit dans la musique, dansons.

Claudine Mistral, 15 octobre 2013
Réécriture


25 sept. 2013

Avoir le pouce vert (texte)



Avoir le pouce vert
Les yeux de la couturière sont fatigués, comme ses doigts d’ailleurs. Une légère poudre dorée emplit peu à peu ses paupières. Son corps se détend mollement, elle l’appuie peu à peu au dossier de la chaise et laisse glisser ses mains sur la couverture en patchwork en partie posée sur ses genoux.
Au centre du tissu, un tressaillement. Le bruissement d’un ruisseau, l’eau coulant lentement entre ses doigts puis la sensation d’une corde brûlant la peau de ses doigts crispés, le cliquetis de la poulie à cause du balancement d’un saut métallique. Un épouvantail s’approche du puits pour lui offrir un bouquet de violettes tel une précieuse poutargue*. Ces jolies petites fleurs tombent de ses mains, s’étalent au sol puis s’envolent, en suivant les coutures du tissu. Des oiseaux piaillent et s’éparpillent des arbres vers les cieux dont les tons orangés se déposent en touches délicates parmi les verts herbus du jardin merveilleux. Quelques œillets d’Inde et soucis émergent au milieu des agapanthes et des cistes colorés. Des coléoptères voyagent des boules de houx rouges aux iris bigarrés. Des papillons et des abeilles butinent ça et là, saupoudrant sur chacune une poudre dorée qui, délicatement, éclaire le ruisseau aux éclats métallisés, tels le raku des poteries disposées le long des chemins. Les tableaux ont crû au gré des fils s’entremêlant de branches et de feuilles pour créer un ensemble de douceurs harmonieusement assemblées.
Le coucou de l’horloge la fait soudain sursauter. Ébahie, elle regarde son ouvrage tombé au sol, les yeux encore ensablés, mais heureuse d’avoir gardé les pouces verts, en particulier avec ces fragiles graines de tissus et d’avoir créé un magnifique jardin pour protéger sa petite-fille des prochaines fraîches soirées de l’hiver.
 © Mistral Claudine septembre 2013

14 mai 2013

Voyage en Océanie (texte)



Voyage en Océanie

Je grimpe quatre à quatre les marches de l’escalier en bois du Grand A pour me mettre à l’abri. Le vent devient chaque minute plus violent et couvre la musique du lieu. Finalement, je suis heureuse de cet imprévu climatique. Ce petit restaurant accueillant au bord de la plage au sable blond et si doux va me permettre de me restaurer et qui plus est de goûter, ce dont je rêve depuis plusieurs jours, à un poisson fraîchement pêché dans des filets blancs. Pour clore ce repas, quelques tranches de ce bel ananas posé dans la soucoupe en bois sur la table à laquelle je me suis assise, fera l’affaire. Le lieu, comme la perspective d’un bon repas, me transporte dans une joie apaisante.
Par la fenêtre en forme de triangle, je regarde la mer d’un bleu électrique dont les vagues s’écrasent bruyamment sur la plage. Un cerf-volant rouge ondule en spirale tel un appât pour Éole ou une offrande à ce dieu impétueux.
Ce voyage n’est pas une arnaque, c’est la découverte fantastique d’un nouvel espace, un immense O au milieu de l’océan, couvert de I verts et de E désertiques. Même si un âne ne voudrait y vivre pour rien au monde, j’y découvre à chaque pas des richesses insoupçonnées. J’effeuille les jours comme une fleur, y associant à chaque pétale, une empreinte journalière : cascade, soleil, aviron, constellation, visage, sourire… images, odeurs, sons mélangés au rythme des heures.
Dans un petit carnet, j’ai décrit depuis le début de mon périple, ces souvenirs, laissant quelques zones pour y insérer des photos ou quelques esquisses, plus tard. J’ai aussi glissé des feuilles, un peu de sable, des épices, des pétales… une myriade de bonheurs simples.
Je scrute encore le ciel gris dans lequel de grands C volent en bandes malgré les courants d’air, essayant de se poser sur les appendices formés par les débris de tous ces N de la précédente tempête.
Les odeurs de cuisson commencent à enivrer mes narines, éveillant mes papilles. Je suis maintenant impatiente que le grand E du Grand A m’apporte mon assiette, ce poisson à la chair tendre cuite dans la braise, enroulé dans des feuilles de bananiers et qui va devenir la prochaine trace de ce voyage, voyage généreusement offert par mes amies scribouillardes.
Au prochain atelier d’écriture, je pourrai leur narrer mes aventures rocambolesques en OCÉANIE en espérant les entraîner, comme vous, comme moi, dans un tourbillon délirant et coloré, aux mille surprises de ce continent.
© Claudine Mistral, 14 mai 2013, Mimet

12 mars 2013

Lettre à une amie (texte)

Lettre à une amie



Le sud de la France…
Le 12 mars 2013,
 A l’Espagne.


Chère amie, 


La roue des heures tourne et il est vital que je t’écrive cette lettre. J’ai bien peur que nous ayons un problème ! En effet, j’assiste à un dérèglement climatique au sein de ma nation.

L’hiver touche à sa fin, le printemps se pointe en parant les prés de jolies petites fleurs dans le sud alors qu’il paralyse les avions dans la capitale ! C’est une véritable catastrophe ! Comment gérer mes locataires dans ces conditions ? Je ne trouve plus de repos, je ne respire plus l’air pur de mes contrées tellement les hommes développent leur civilisation. Je suis sûr qu’avec tous leurs progrès, leur développement technologique, économique, médiatiques, ils sont la cause de mes ennuis climatiques ! Mais quelle Europe vont-ils laisser à leurs enfants ! Une monnaie commune, l’euro ? Une vision épurée du futur ? J’ai plus l’impression d’être au milieu d’une véritable purée, un royal désordre, un mélange de vies, une cacophonie d’idées, un bazar de langues et bien d’autres turpitudes.

Que puis-je faire pour retrouver un peu de sérénité ? J’ai bien envie de prendre ma valise et de partir en Océanie pour me perdre dans ses forêts de Tasmanie ou ses déserts d’Australie. Je prendrais un bateau  et je me mettrais à la proue pour imaginer un nouveau pays, un pays caché des hommes. Je ne sais pas moi… une terre isolée, inexplorée, une petite île déserte au milieu de l’océan où le temps ne changerait pas à bout de champ, où la météo serait stable et régulière, une enclave en somme, bien protégée de tous ces hommes pressés, de leurs idées de développement, de leur pollution, de leurs problèmes…


Dis l’Espagne, tu ne veux pas venir avec moi ? Je n’ai pas envie de me retrouver tout seul ? Tu me comprends, toi !


J’attends ta réponse avec impatience. Amicalement. 

Le sud de la France