14 mai 2013

Voyage en Océanie (texte)



Voyage en Océanie

Je grimpe quatre à quatre les marches de l’escalier en bois du Grand A pour me mettre à l’abri. Le vent devient chaque minute plus violent et couvre la musique du lieu. Finalement, je suis heureuse de cet imprévu climatique. Ce petit restaurant accueillant au bord de la plage au sable blond et si doux va me permettre de me restaurer et qui plus est de goûter, ce dont je rêve depuis plusieurs jours, à un poisson fraîchement pêché dans des filets blancs. Pour clore ce repas, quelques tranches de ce bel ananas posé dans la soucoupe en bois sur la table à laquelle je me suis assise, fera l’affaire. Le lieu, comme la perspective d’un bon repas, me transporte dans une joie apaisante.
Par la fenêtre en forme de triangle, je regarde la mer d’un bleu électrique dont les vagues s’écrasent bruyamment sur la plage. Un cerf-volant rouge ondule en spirale tel un appât pour Éole ou une offrande à ce dieu impétueux.
Ce voyage n’est pas une arnaque, c’est la découverte fantastique d’un nouvel espace, un immense O au milieu de l’océan, couvert de I verts et de E désertiques. Même si un âne ne voudrait y vivre pour rien au monde, j’y découvre à chaque pas des richesses insoupçonnées. J’effeuille les jours comme une fleur, y associant à chaque pétale, une empreinte journalière : cascade, soleil, aviron, constellation, visage, sourire… images, odeurs, sons mélangés au rythme des heures.
Dans un petit carnet, j’ai décrit depuis le début de mon périple, ces souvenirs, laissant quelques zones pour y insérer des photos ou quelques esquisses, plus tard. J’ai aussi glissé des feuilles, un peu de sable, des épices, des pétales… une myriade de bonheurs simples.
Je scrute encore le ciel gris dans lequel de grands C volent en bandes malgré les courants d’air, essayant de se poser sur les appendices formés par les débris de tous ces N de la précédente tempête.
Les odeurs de cuisson commencent à enivrer mes narines, éveillant mes papilles. Je suis maintenant impatiente que le grand E du Grand A m’apporte mon assiette, ce poisson à la chair tendre cuite dans la braise, enroulé dans des feuilles de bananiers et qui va devenir la prochaine trace de ce voyage, voyage généreusement offert par mes amies scribouillardes.
Au prochain atelier d’écriture, je pourrai leur narrer mes aventures rocambolesques en OCÉANIE en espérant les entraîner, comme vous, comme moi, dans un tourbillon délirant et coloré, aux mille surprises de ce continent.
© Claudine Mistral, 14 mai 2013, Mimet