4 janv. 2014

Musique (texte)



Musique

Les lumières ballaient la foule, plongée dans le noir. Seule la lune et les étoiles brillent de leur laiteuse clarté.
Alors des sons graves vrombissent dans les poitrines, réchauffent les peaux, recouvrent les corps d’une enveloppe souple parsemée de noires et de blanches. Une danse, presque chamanique, s’empare des corps telle une rivière puissante mais calme jusque là.
Les corps s’accordent entre eux, puis avec les sons, les rythmes répercutant en eux les mélodies, les accords, les notes comme les silences, vibrants de toutes ces sonorités assemblées et entrelacées.
Ces sons, maintenant percutants, exultants, perforent le silence qui s’était installé quelques instants pour emplir à nouveau de musicalité l’espace démesuré qui s’offre aux yeux des musiciens.
Ils sont perchés sur un navire de notes et entraînent sur leurs portées cette joyeuse cohorte en délire qui boit leurs paroles et se saoule de leur musique.
Puis la mélodie s’évapore dans les vapeurs multicolores laissant place à un silence pesant, silence seulement habité par des milliers de souffles haletants.
Un aérien chapelet de notes aigües vibre soudain des cordes d’une guitare électrique emportant avec elles les âmes de cette multitude vers des lieux encore inexplorés par leurs émotions.
Chacune de ces âmes s’élève à travers des arcs en ciel musicaux laissant leurs corps s’alourdir, s’écraser sur le sol piétiné.
Les voix à l’unisson s’élèvent à nouveau, se multipliant, se croisant, tissant une immense toile aux fils d’harmonie si solides que les âmes si accrochent. Elles glissent sur ces portées symphoniques, sublimant ces instants partagés et convergeant vers le centre où les musiciens les attendent pour ne former qu’un, qu’un point lumineux de sonorités éclatantes et pourtant si délicates, un point de symbiose et de communion musicale.
3 janvier 2014    La Ciotat