28 nov. 2014

Lever de nuages




Un dragon de vapeur...

BRUIT (texte)



BRUIT

Brutal, bruits de la rue, de la ville, des hommes, mélangés aux bruits naturels de l’été.
Rutilant, bruits mixés des voitures et des cigales qui murmurent chacun leurs chants d’inégales beautés.
Ultra-son, bruits inaudibles et pourtant aussi présents que la cacophonie de sons qui inondent nos oreilles bouchées.
Intempestif, bruits des cloches et des ruisseaux qui scandent chacun leurs rythmes sur d’inégales partitions en toute variété.
Tonitruant,  bruits de la mer en colère comme des marteaux-piqueurs attaquant l’asphalte de nos quartiers.
            Mais serions-nous plus rassurés d’être dans un silence complet plongés ?

© Claudine Mistral  11 juillet 2013

27 nov. 2014

Douce fraîcheur du soir. (texte et photos)





Un ruban de brise se glisse entre les feuilles des arbres, jouant une petite mélodie d’été pour accompagner le chant crépusculaire des insectes, butinant depuis le matin sur les mille couleurs des près brûlés par le soleil.
Un rayon se glisse à son tour entre les branches des arbres sur les berges d’un ruisseau, éblouissant quelques demoiselles posées nonchalamment sur les longues tiges des plantes aquatiques. Leur ballet aérien, aux reflets bleus métallisés, s’intensifie quelques instants au gré de la brise, tandis que l’onde du ruisseau coule inexorablement le long de la berge, caressant de ses doux et humides doigts les rochers, entraînant les feuilles vers des contrées lointaines alors que les poissons résistent délicatement aux assauts du courant.
La brise se glisse dans le miel de ses cheveux telles les mains d’un amant, elle caresse sa nuque et lui procure cette agréable fraîcheur des sens que seul le soir peut procurer.

© Claudine Mistral  11 juillet 2013 
 



 



Verbiages (texte)



Visage du temps
Image du réel
Passage intemporel



Visage de la vie
Image d’un sourire
Passage pris d’un rire



Visage incertain
Image d’une page
Passage  d’un sage



Visage radieux
Image d’insouciance
Passage vers l’inconscience



Visage image passage
Image passage visage
Passage visage image



            Véritable enfilage de verbiages


                                                  Décollages ?

© Claudine Mistral 
9 juillet 2013

26 nov. 2014

Un café (texte)




Un café
                         A l’école, chaque jour,
                         Avec politesse, presque amour,
                         Merveille de la jeunesse
                         Les enfants s’empressent
                         De me proposer
Un café
                         Un mercredi
                         Dix heures dix
                         Les voilà à leur affaire
                         Pour me préparer un petit noir.
                         L’odeur dans l’air
                         Me transporte avec espoir.
Un café
                         Sous l’égide de Mercure
                         Je les remercie
                         Et m’en vais goûter
                         Le plaisir que me procure
                         Le breuvage déjà tiédi
                         Qu’ils m’ont apporté.
Un café
                         Horreur !
                         Quels petits mercenaires,
                         Quels Merlin débonnaires !
                         Presque en pleurs,
                         Je me précipite vers
                         L’armoire de verre.
Un café
                         Car sans sucre, j’ai
                         Dans la bouche
                         L’amertume plaquée
                         Et presque je louche
                         En évitant de recracher
  Mon café

                         La prochaine fois
                         De lait et de chocolat
                         Sucrée, ma boisson sera.
                                                                                                                               © Claudine Mistral      A Mimet, 25 novembre 2014

22 nov. 2014

Mon petit doigt m’a dit (Texte)




Tôt ce matin, Anabelle est descendue dans la salle à manger pour installer un bouquet de fleurs sur la table comme tous les matins.
En arrivant dans la pièce, elle fut estomaquée de trouver Madame Olive affalée sur la table, l’auriculaire noir d’encre comme la feuille sur laquelle elle semblait avoir écrit.
La jeune femme poussa un cri si fort que tous les membres de la famille Olive, comme le personnel, accoururent aussitôt.
La sœur de Madame Olive, Madame Henri attrapa son téléphone et appela immédiatement le commissaire Joisser tandis que Philippe, un doigt sur le cou de sa mère, constatait qu’aucun docteur, malheureusement, ne pourrait plus rien faire pour sa mère.
Monsieur Olive, docteur naguère et actuellement puissant homme d’affaire restait en retrait, tandis que sa fille, Ernestine, insensible au sort de sa belle-mère, s’était assise au bout de la table et regardait le corps inanimé aux cheveux blancs qui semblait dormir paisiblement.
Émile, pragmatique, proposa à Monsieur Olive une chaise et un whisky, toujours attentif, quelle que soit la situation, au bien-être de son maître.
Le commissaire Joisser ne fut pas long, la grande maison blanche étant située en plein centre-ville, proche du commissariat.
En arrivant, d’un regard circonspect, le cinquantenaire prit connaissance de la situation en écoutant Anabelle et Madame Henri lui narrer les événements précédents son arrivée en alternant chacune leurs propos se complétant.
Il observa attentivement chacun des protagonistes, du simple domestique au maître de maison.
Émile, simple majordome, bien mis, n’était pas de première jeunesse et complètement dévoué à ses maîtres.
Anabelle, jeune femme aux cheveux d’un noir de jais semblait au premier abord fragile, mais ses gestes étaient sûrs et son regard plein d’assurance.
Philippe, effondré sur une chaise, en pleurs, était prostré et semblait un jeune homme timide.
Ernestine par contre, plus âgée que son demi-frère, avait le regard droit et sec de son père. Une jeune femme qui savait déjà ce que serait son avenir et comment elle parviendrait à ses fins.
Madame Henri, au regard triste mais déterminée à savoir qui avait pu tuer sa sœur, car elle était sûre d’un meurtre, était grande et encore belle femme malgré son âge.
Enfin, le docteur Olive, aux cheveux poivre et sel, regardait par la fenêtre et ne semblait pas touché par le dramatique mort de son épouse.
Le commissaire Joisser demanda à chacun de ne pas quitter la maison afin de pouvoir les interroger l’un après l’autre dans la matinée.
Il demanda d’abord la permission d’aller se laver les mains, il se dirigea vers la salle de bain qu’on lui avait indiquée, mais en passant devant la cuisine, son regard fut attiré par une capsule au sol devant la poubelle. Il décida de fouiller discrètement son contenu et trouva une fiole dont le cachet de cire avait été brisé. Il le glissa dans l’une des poches de son pardessus noir et retourna ensuite dans la salle à manger pour questionner chacun des membres de la maisonnée avec ces indices en tête.
Il releva au travers de ses questionnaires d’autres informations qu’il nota afin de les recouper dans un petit carnet gris, puis dans l’après-midi il les rassembla tous dans le salon.
« Je suis en mesure de vous dévoiler l’assassin de Madame Olive » dit-il tranquillement. « Mon petit doigt me l’a dit » prononça-t-il en le montrant justement un petit sourire aux lèvres.
Émile et Anabelle étaient debout dans un coin de la pièce tandis que Philippe et Ernestine étaient chacun dans un fauteuil de velours rouge. Le maître de maison et sa belle-sœur occupaient le canapé, l’un avachi et l’autre droite, prête à bondir au cou du meurtrier de sa sœur.
« Je dis assassin » commença le commissaire Joisser, « car j’ai trouvé un flacon de poison dans la cuisine et une capsule souillée d’encre. Madame Olive a donc été empoisonnée. Elle a dû boire une tasse de thé dans laquelle on a versé le liquide. Le goût n’a pas dû la déranger et l’assassin a pensé à nettoyer la tasse car elle était dans la cuisine, bien propre. Par contre, j’ai plus de difficulté à trouver le mobile, mais Monsieur Olive, dont la manche de chemise, sous sa veste, est tâchée d’encre pourra certainement nous l’expliquer. »
Mimet, mai 2014
Claudine Mistral